Marion Peyrat

Urbaniste AMO

Désimperméabilisons les sols, enjeux et leviers d’action

Couverture de la publication

À lire, une publication sur la désimperméabilisation des sols de l’agence d’urbanisme Bordeaux Aquitaine de juillet 2022. Celle-ci a été réalisée en partenariat avec le département de la Gironde et l’agence de l’eau Adour-Garonne.

Qu’est-ce qu’au juste que le sol ?

Elle démarre par la présentation du sol. Ainsi, on reprend la typologie des sols, leurs fonctions et les services rendus. On parle des sols naturels, agricoles et forestiers, des sols urbains, de la spécificité des sols girondins et la pédologie du département, ainsi que de l’interaction entre l’eau et les sols.

Les enjeux de la désimperméabilisation : pourquoi c’est essentiel ?

La seconde partie de l’étude revient ensuite sur les enjeux liés à la désimperméabilisation, en passant par les concepts et définitions techniques. Le lien avec le changement climatique est rappelé.

Quels leviers mettre en place pour inciter à la désimperméabilisation ?

Les leviers présentés sont de 3 grandes familles : règlementaires, financiers et techniques.

Règlementaire

Cela démarre avec les documents de planification à grande échelle tels que les SRADDET (Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Égalité des Territoires) ou les SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux) et leur déclinaison à l’échelle d’une unité hydrographique, les SAGE (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux). Ils portent notamment des enjeux de préservation de l’eau et des objectifs de réduction de l’artificialisation des sols. Leur portée règlementaire leur permet d’infuser dans les documents à plus petite échelle.

Tels que les documents d’urbanisme, que ce soit les Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) ou les Plans Locaux d’Urbanisme (PLU) et leur pendant intercommunaux (PLUi). Ces derniers peuvent contraindre, par le biais du règlement mais aussi d’Orientations d’Aménagement Programmées (OAP) sectorielles ou thématiques à :

“ – Limiter et réduire au maximum l’ouverture à l’urbanisation de nouvelles zones ;
– Limiter l’imperméabilisation des sols à l’échelle d’un projet d’aménagement, en imposant des coefficients (imperméabilisation, de pleine terre), et une gestion à la parcelle des eaux pluviales en privilégiant l’infiltration;
– Recenser et protéger les secteurs les plus sensibles ;
– Conditionner l’ouverture à l’urbanisation à la désimperméabilisation de surfaces équivalentes, dans une logique de compensation. ”

Financier

En proposant par exemple un accompagnement technique ou financier, comme celui proposé par l’agence de l’eau Adour-Garonne, à hauteur de 50% sur les études, les travaux et les actions d’animations.

Technique

On parle ici d’un changement de paradigme avec la gestion de l’eau de pluie à la source : en faire une ressource et non plus un déchet géré en “tout-tuyau”. Le document présente différentes techniques de gestions, avec leurs avantages et inconvénients : noues, fossés, tranchées drainantes, etc.

Des retours d’expériences pour s’inspirer

Le carnet d’étude présente ensuite 5 retours d’expériences :

  • le SCoT du Grand Narbonne qui a hiérarchisé les secteurs afin d’établir les plus favorables à une action de désimperméabilisation, sur la base d’une étude du CEREMA. Des prescriptions règlementaires en découlent, telles “qu’anticiper en amont des projets la gestion des risques inondations” ou encore étudier les “ opportunités de désimperméabilisation de l’existant”. Des villes pilotes ont déjà testé des mises en œuvre, notamment dans des cours d’école et des parkings de centre-ville.
  • le Grand Lyon et le projet de ville perméable qui a démarré par une étude interdisciplinaire des 25 systèmes de gestions des eaux pluviales aujourd’hui en place sur la métropole. Objectif : “construire une culture commune sur quatre thématiques abordées en groupes de travail : la pollution, le changement climatique, le coût global et le niveau de service” 1. Un guide technique à destination des équipes de conception et d’entretien a été réalisé, un chantier école sur des places de parkings. Ce sont 114 ha qui ont été désimperméabilisés entre 2017 et 2020. Dans le retour d’expérience, la métropole pointe cependant le besoin de sensibilisation des MOe et des entreprises pour les travaux.
  • la désimperméabilisation du centre-ville de Capbreton. La place de la gare est ainsi rendue à 60% perméable, et un réaménagement des berges y menant a été réalisé, avec la démolition de l’ancien quai en béton.
  • la “cour Oasis” pour les écoles parisiennes. Elles sont au nombre de 650 et représentent 70 ha de la surface de la ville. L’objectif annuel est fixé à 25 rénovations
  • un réaménagement de boulevard urbain à Mirimas, passant d’un 2×2 voies à 2×1 voie avec une promenade piétonne.

  1. le retour est consultable ici ↩︎

Pour aller plus loin

L’étude de l’Agence d’urbanisme est consultable ici.

Un observatoire des opérations exemplaires pour la gestion des eaux pluviales tenu par l’association Graie, regroupant les professionnels de l’eau : collectivités locales, exploitants privés, bureaux d’études, aménageurs de la ville et scientifiques.